Pour faire le point…

Pour faire le point…

     Milliardaire controversé au sourire éclatant, Sebastián Piñera a été élu à la tête du pays à deux reprises. Un premier mandat débuté en 2010 met fin à vingt ans de pouvoir du centre gauche. La constitution chilienne interdit de briguer un second mandat consécutif, le candidat conservateur doit attendre 2017 pour finalement retrouver le pouvoir. Il succède donc à Michelle Bachelet, comme en 2010, et profite des divisions du centre gauche pour infliger au parti sa plus large défaite depuis le retour de la démocratie en 1990. Les scandales de corruption ont terni l’image de l’ex-présidente socialiste, impliquant son fils dans la réception de pots-de-vin ayant servi au financement d’une opération immobilière fallacieuse[1]. Si jusque-là plutôt exemptée des affaires de corruption, à contrario des régimes voisins, la classe politique chilienne connaît un rejet recrudescent de la part de ses électeurs.

Après le règne du socialisme des années 2000, c’est une vague droitière et conservatrice qui traverse le continent. L’Argentine, la Colombie, et plus récemment, le Brésil de Jair Bolsonaro. Une droite orthodoxe, vivement soutenue par les églises catholiques et évangéliques, qui séduit d’autant plus la classe moyenne latino-américaine sur fond de crise économique. Celle-ci dénonce en effet une imposition excessive qui, malgré des gouvernements de gauche, ne leur permet pourtant pas de disposer de services publics satisfaisants. La peur du déclassement a par ailleurs indéniablement pérennisé un système déjà profondément inégalitaire. A noter que le coefficient Gini classe le Chili comme le pays le plus inégalitaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

  Toutefois, l’ascension de la droite est à relativiser : la gauche n’a pas disparu du continent. La victoire de Sebastián Piñera au Chili n’est en réalité que partielle, bousculée par les mouvements sociaux qui agitent le pays, la popularité du président est à son plus bas depuis juillet. Le Sénat et la Chambre des députés sont tous deux dominés par des forces de gauche.



[1] L’affaire Caval – du nom de la fausse entreprise – a éclaté en 2015 et met en cause Sebastián Dávalos, fils de l’ex-présidente Michelle Bachelet, et sa femme, tous deux poursuivis pour fraude fiscale dans le secteur immobilier.

CG

Sebastián Piñera, président du Chili

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